Introduction
La pratique du pickleball s’impose de plus en plus comme une alternative intéressante aux sports de raquette classiques, et de nombreuses communes, dont la métropole de Paris, voient émerger des projets d’installations spécifiques. Si vous envisagez une construction de terrain de pickleball à Paris, il est essentiel de connaître les autorisations administratives requises afin de lancer votre projet dans les règles. Ce type d’équipement, bien que relativement nouveau dans le paysage sportif urbain, relève d’une double réglementation : d’une part celle de l’urbanisme (constructions, aménagements) et d’autre part celle des équipements sportifs. Cet article détaille les différentes étapes, formulaires, services compétents et conseils pratiques pour réussir votre projet d’installation dédiée au pickleball dans la capitale.
Comprendre le contexte juridique et administratif
Lorsque l’on parle de « construction de terrain de pickleball à Paris », on touche à plusieurs volets : l’urbanisme sur le territoire de la Ville de Paris, les règles propres aux équipements sportifs, ainsi que les obligations vis-à-vis des riverains ou des servitudes. En matière d’urbanisme, toute nouvelle infrastructure ou aménagement doit respecter le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de la ville, ainsi que les règlements généraux concernant l’usage des sols, la hauteur des constructions, l’implantation par-rapport aux limites de propriété, etc. Par ailleurs, selon la nature de l’équipement (terrain de loisirs ouvert au public ou privé, couvert, ou non couvert), d’autres autorisations ou déclarations peuvent s’ajouter. Enfin, l’implantation d’un terrain de sport nécessite souvent des éléments techniques (drainage, éclairage, clôtures, revêtement) qui peuvent déclencher des formalités supplémentaires. Au total, bien anticiper ces différentes dimensions permet d’éviter des refus, des recours, ou des surcoûts imprévus.
Autorisations d’urbanisme à solliciter
Permis de construire
Pour une installation durable, ouverte au public ou avec des ouvrages annexes (vestiaires, gradins, éclairage, couverture), la procédure classique est le « permis de construire ». À Paris, la mairie rappelle qu’un dossier de demande d’autorisation d’urbanisme doit être déposé, notamment lorsqu’il y a création de surface de plancher, modification de l’aspect extérieur ou changement de destination. Paris+1 Le permis de construire est donc souvent nécessaire si le projet de terrain de pickleball comporte des constructions (local technique, accueil public, sanitaires) ou si la surface de l’ouvrage dépasse certains seuils. Il convient de préparer des plans détaillés, un descriptif technique, aspects paysagers, aménagements extérieurs et respecter les règles environnementales, d’accessibilité (PMR) et d’éclairage.
Déclaration préalable de travaux
Dans certains cas, une demande allégée peut suffire via la « déclaration préalable » (DP). Ce dispositif concerne des travaux plus modestes : sans changement de destination, sans création importante de surface ou sans modification substantielle de l’aspect extérieur. Selon le site officiel : « Vous souhaitez réaliser des petits travaux ou des modifications … avant de commencer, vous devez obtenir une autorisation en déposant une déclaration préalable de travaux ». Service Public Pour la construction d’un terrain de pickleball, si l’aménagement reste minimal (simple revêtement, quelques clôtures, sans bâtiment annexe), cette option peut être pertinente. Toutefois, dans un contexte urbain dense comme Paris, on recommande généralement le permis de construire pour limiter tout risque.
Permis d’aménager
Par ailleurs, pour l’aménagement d’un espace de sports ou de loisirs à grande échelle (notamment s’il s’agit d’un lotissement ou d’un parc d’équipements), un permis d’aménager peut être requis. Selon le portail ServicePublic, « la création ou l’aménagement d’un terrain de sport ou de loisirs ou d’une aire d’accueil des gens du voyage » relève du permis d’aménager. Service Public Ainsi, si votre projet de terrain de pickleball s’intègre dans un vaste projet d’aménagement avec voirie, stationnement, espaces paysagers, ce type de permis va s’imposer. Il est primordial de vérifier auprès de la mairie du arrondissement concerné la catégorie précise appliquée.
Spécificités pour un terrain de pickleball à Paris
Acteur et propriétaire de l’équipement
Lorsque l’on parle de construction d’un terrain de pickleball à Paris, il importe de déterminer si l’équipement sera ouvert au public, à une association ou réservé à usage privé. Le Code du sport stipule qu’un équipement sportif est « tout bien immobilier appartenant à une personne publique ou privée, spécialement aménagé ou utilisé, de manière permanente ou temporaire, en vue d’une pratique sportive ». sports.gouv.fr Si l’équipement est accessible au public – même moyennant paiement – des déclarations au préfet ou à la mairie peuvent être exigées. Il faut donc anticiper la nature de l’usage : privé ou public.
Implantation, dimension, revêtement et éclairage
Dans un contexte urbain comme Paris, l’implantation d’un terrain de pickleball peut soulever des questions de nuisance (éclairage, bruit, horaires), de respect des distances aux habitations et de gestion des eaux pluviales. Il faudra souvent joindre au dossier des éléments relatifs au revêtement (stabilité, drainage), aux clôtures (hauteur, matériaux), à l’éclairage (intensité, orientation, horaires d’usage). Bien que la pratique ne soit pas encore massivement réglementée de façon spécifique pour le pickleball, les jurisprudences et les préconisations relatives aux terrains de tennis ou multisport peuvent s’appliquer. Par exemple, un article évoque que pour un terrain de tennis à Paris : «Oui, sauf si le terrain est léger et démontable. Dans la plupart des cas, un permis est obligatoire…» sportyfrance.fr Dès lors, pour un terrain de pickleball durable, durablement installé, branchement électrique, éclairage, tribunes ou aménagements connexes : prévoir le permis de construire.
Zone urbaines protégées et servitudes
À Paris, certains zones sont classées ou à proximité de monuments historiques, de parcs classés ou de sites patrimoniaux remarquables. Dans ces cas, les règles sont plus sévères (secteur protégé, abords des monuments). Le permis ou la déclaration préalable peut être soumis à avis des architectes des bâtiments de France ou consultation spécifique. Il faut donc vérifier l’emplacement exact du terrain envisagé et ses contraintes (zone inondable, proximité d’un espace classé). De plus, les servitudes existantes (passage, vue, accès) peuvent limiter la possibilité d’implantation ou exiger des ajustements du projet.
Étapes clés à suivre pour la demande
1. Étude de faisabilité et diagnostic initial
Avant de déposer un dossier, il est conseillé :
- de vérifier le zonage et la réglementation d’urbanisme applicable à votre parcelle via le service en ligne de la mairie ou le PLU de la Ville de Paris.
- de réaliser un relevé topographique, étude de sol ou drainage si nécessaire.
- de définir précisément les dimensions du terrain, les équipements annexes, l’éclairage, l’enclavement, et les contraintes des riverains.
- de consulter un architecte ou un bureau d’études spécialisé en équipements sportifs, car la complexité peut être importante.
2. Constitution du dossier d’autorisation
Selon l’autorisation choisie (DP, permis de construire, permis d’aménager) vous devrez joindre :
- le formulaire CERFA adéquat (ex : 1340407 pour permis de construire, 1370307 pour DP).
- des plans de masse, coupe du terrain, insertion paysagère, notices techniques (revêtement, drainage, matériel).
- une description de l’activité (type de sport, horaires, fréquentation estimée).
- une notice sur l’impact environnemental (éclairage, bruit, gestion des eaux).
- le cas échéant, un plan des accès, parking, vestiaires, sanitaires, etc.
Ces pièces permettront à la mairie de vérifier la conformité aux règles d’urbanisme, aux normes d’accessibilité, sécurité et aux exigences spécifiques liés aux équipements sportifs.
3. Dépôt et délai d’instruction
Une fois le dossier complet, il est déposé en mairie (ou en ligne pour la Ville de Paris) auprès du service urbanisme compétent. Depuis le 7 avril 2025, les dossiers de demande d’autorisation d’urbanisme pour une personne morale sont à déposer par le téléservice. Paris Les délais d’instruction varient selon la complexité : plusieurs mois peuvent être nécessaires, notamment si consultation des architectes des bâtiments de France, services environnement, etc. Il est important de planifier cette période dans votre calendrier de projet.
4. Après obtention de l’autorisation
Une fois l’autorisation accordée :
- l’affichage sur le terrain doit être mis en place pour signaler la nature des travaux et l’autorisation obtenue (dans un délai de 2 mois après l’obtention du permis).
- les travaux ne peuvent démarrer qu’après expiration des délais de recours des tiers (généralement deux mois après affichage).
- pendant les travaux, il faut respecter les prescriptions du permis (clôture, horaires, matériaux).
- à la fin des travaux, une déclaration d’achèvement (formulaire : 13408*07) doit être déposée afin que la mairie effectue le contrôle final.
Autres obligations et compléments spécifiques aux équipements sportifs
Déclaration au titre du Code du sport
En tant qu’équipement sportif, il convient de respecter certaines obligations : l’article L. 312-2 du Code du sport impose la déclaration de l’équipement auprès du préfet ou de l’administration compétente. sports.gouv.fr Cela permet notamment le recensement des équipements et peut être nécessaire si l’équipement est ouvert au public ou à un usage payant ou associatif. Il ne faut pas négliger cette dimension, car elle concerne la conformité de l’équipement, notamment en termes de sécurité et d’accueil du public.
Normes d’accessibilité et de sécurité
Lorsque l’équipement est accessible à des utilisateurs externes, les normes d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite (PMR) s’appliquent. Il faudra prévoir des rampes, des sanitaires accessibles, un cheminement adapté, un éclairage adéquat. De même, les règles de sécurité (éclairage, clôtures, gradins s’il y en a, évacuation) doivent être respectées. Bien que la dimension soit moindre pour un terrain de pickleball par rapport à un grand stade, il est fortement recommandé d’en tenir compte dès la conception.
Impact environnemental et concertation riverains
Un terrain de pickleball situé en zone urbaine dense peut engendrer des nuisances (bruit, éclairage de nuit, usage intensif). Il est donc conseillé de prévoir un plan d’atténuation (ex : heures d’ouverture limitées, type d’éclairage orienté, végétalisation, matériaux absorbants). Une concertation préalable avec les riverains, ou au moins une information claire, peut réduire les risques de recours ou d’opposition. De plus, en zone urbaine comme Paris, la gestion des eaux pluviales, le revêtement perméable ou l’infiltration peut être un point scrutiné.
Cas pratique : déroulement d’un projet de terrain de pickleball
Phase 1 : choix du site & étude préliminaire
Imaginons que vous avez identifié une parcelle dans un arrondissement parisien, destinée à accueillir un « terrain de pickleball ». Il faut d’abord vérifier que la parcelle est située en zone compatible avec l’usage sportif, sans servitude limitative. Vous réalisez une étude de sol, définissez les dimensions (ex : 20 m × 10 m pour un terrain standard), le revêtement (bitume, résine, gazon synthétique), la clôture, l’éclairage. Vous consultez un bureau d’études pour vérifier l’impact lumineux et la nuisance sonore.
Phase 2 : dépôt du dossier d’urbanisme
Si votre dimension, vos structures annexes (vestiaires, gradins) et votre éclairage sont modestes, vous pourriez envisager une déclaration préalable. Toutefois, en raison des nombreux aménagements et du contexte urbain, vous optez pour un permis de construire. Vous rassemblez le formulaire CERFA, les plans, la notice technique, l’étude de bruit et éclairement, l’accessibilité PMR. Vous soumettez en mairie de Paris via le téléservice, et vous attendez l’accusé réception.
Phase 3 : instruction & obtention de l’autorisation
La mairie instruit le dossier, consulte éventuellement les services extérieurs (architectes des bâtiments de France si zone protégée, services environnement, urbanisme). Les échanges peuvent entraîner des demandes de modifications (hauteur de clôture, orientation de l’éclairage). Après l’accord, vous affichez le panneau sur le terrain, attendez l’expiration du délai de recours (généralement 2 mois), puis vous pouvez lancer les travaux.
Phase 4 : réalisation & déclaration d’achèvement
Les travaux commencent en respectant les prescriptions. Une fois le terrain terminé, vous déposez une déclaration d’achèvement. Puis, vous effectuez la déclaration au titre du Code du sport pour la reconnaissance comme équipement sportif ouvert au public ou à des adhérents. Enfin, vous mettez en place la gestion (réservation, horaires, encadrement) de votre terrain.
Conseils pratiques pour optimiser le succès du projet
- Anticipez bien la durée d’instruction : mieux vaut prévoir plusieurs mois (voir jusqu’à 6 mois) pour l’autorisation en zone urbaine.
- Travaillez avec un architecte ou un BET (bureau d’études techniques) spécialisé dans les équipements sportifs, afin de sécuriser le dossier et de réduire les risques de refus.
- Préparez un dossier voisinage soigné : plans d’implantation, visuel d’insertion paysagère, mesures d’atténuation du bruit et de l’éclairage. Cela peut réduire les oppositions.
- Vérifiez les contraintes spécifiques de l’arrondissement ou de la parcelle (zone de bruit, abords d’un monument historique, servitudes d’urbanisme).
- Pensez à l’exploitation dès la conception : accessibilité, gestion des flux, horaires, usage réservé ou ouvert au public. Ces éléments peuvent influencer l’autorisation.
- Envisagez des revêtements et éclairages modernes et respectueux des riverains (lumières LED orientées, revêtement absorbant, clôture végétalisée) : cela peut jouer favorablement dans l’instruction.
- Suivez l’évolution de la réglementation : les pratiques sportives évoluent et les installations de type pickleball peuvent faire l’objet de nouvelles recommandations ou normes.
- Enfin, gardez en tête une marge budgétaire et temporelle : les surcoûts ou les délais de recours peuvent retarder la mise en service.
Conclusion
La construction d’un terrain de pickleball à Paris est un projet ambitieux mais parfaitement réalisable, à condition de bien maîtriser les dimensions administratives et techniques. En respectant les étapes évoquées — étude de faisabilité, choix du type d’autorisation (déclaration préalable ou permis), constitution d’un dossier complet, anticipation des délais, conformité aux normes sportives et urbanistiques — vous maximisez vos chances de succès. Il ne faut pas oublier que l’équipement, bien que plus petit qu’un grand stade, s’intègre dans le tissu urbain et requiert rigueur, conformité et anticipation. Avec une démarche bien cadrée, votre terrain de pickleball pourra voir le jour dans les meilleures conditions et apporter une nouvelle dynamique sportive à votre projet.
Pour des informations supplémentaires, vous pouvez consulter ce guide relatif à la construction de terrain de pickleball à Paris : https://service-tennis.fr/construction-terrain-pickball-paris/


















